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Enfants de Tanzanie
CCP 17-634984-1

Jeunes sponsorisés par l'association

Raisons et buts de notre aide

Selon le rapport EDT (Education pour Tous) établi par l’UNESCO, seuls environ 4 % des enfants ont accès au secondaire en Tanzanie. Les causes majeures de ce faible taux, sont le manque important d’écoles secondaires, d’enseignants et la pauvreté des parents.

En raison d’absence d’infrastructures scolaires, les écoles gouvernementales se voient obligées d’instaurer des quotas d’admissions. Le résultat en est que, même si un enfant obtient des notes suffisantes pour passer en secondaire, il peut s’y voir refuser l’accès pour faute de place. Dans ce cas, deux solutions s’offrent à l’enfant: soit il arrête sa scolarité, soit ses parents trouvent les moyens financiers pour l’inscrire dans une école non-gouvernementale. Malheureusement, la majorité des parents sont dans l’incapacité de prendre en charge les frais d’une telle école, sachant qu’ils correspondent à environ 5 fois un salaire mensuel moyen qui est d’environ 100.00 CHF et bien souvent même inférieur.

En 2007 notre association a alloué un montant de 8'287.00 CHF pour des frais d’écoles secondaires et professionnelles à des jeunes qui ont sollicité notre aide. L’argent a été versé directement aux institutions concernées.

Nous sommes persuadés que notre aide ne s’arrêtera pas à ces jeunes, mais qu’en plus, elle contribuera à également améliorer la vie de leurs enfants. A notre avis, élever le niveau d’instruction est le meilleur moyen d’élever le niveau de vie de toute une nation.

Verena Burnod

Listes des jeunes recevant actuellement notre soutien

Anna Jorojick, de Karatu, est en 3ème année au CBE College, en vue d’obtenir son diplôme de comptable.

   
     

Rosa Peter, Adolescente sourde-muette vivant à Rhotia, elle suit une école secondaire près d’Arusha, qui accepte des enfants sourds-muets. Sa mère éléve seule 6 enfants, dont trois sont sourds-muets. Le père est décédé.

   
     

Josephat Friediani handicapé physique, il suit une école secondaire à Karatu. Ses maîtres sont satisfaits de son travail et font des éloges sur son courage et sa volonté de travailler.

   
     

Sarah Martin est en 1ère année à l’école secondaire Ilkidinga.

   
     

Winfrida Paolo est en 1ère année à l’école secondaire. Son père est décédé dans un accident de la route. Sa maman élève seule ses quatre enfants.

   
     

Winfrida Frank Njama est en 3ème année secondaire.

   
     

Ottilia Mbita est en 1ère année d’une formation de jardinière d’enfant à l’école Montessori à Mtwara.

 
     

Mwasiti Abassi Ecole secondaire Enaboishu

 
     

Esuphat Matayo Ecole secondaire Ilkidinga

 
     

Oliva Saningo Ecole secondaire Ekeniwa

 
     

Theresia Edward Ecole secondaire Ilkidinga

 
     

Eric Mkemba Ecole secondaire à Dar-es-Salaam

 

 

Wilson Joseph Rando, était un enfant de la rue.

Grâce à notre soutien en 2007, il a terminé sa 6ème année secondaire.

Il a résussi ses examens d’admission à l’université de Dar-es-Salaam, où il aurait tant souhaité poursuivre ses études, mais malheureusement pour faute de moyens financiers, il a dû y renoncer.

Dans l’espoir de pouvoir payer ses études, avec l’aide du centre Mkombozi et la nôtre, il s’est lancé dans un modeste business où il fournit des services tels que photocopies, installations de logiciels, Internet etc.

Très sincèrement nous lui souhaitons plein succès et l’avenir heureux qu’il a plus que mérité !

 

Wilson nous confie l’histoire de sa vie

"Chère Mama,

J'espère que vous allez bien et que tout est en ligne avec ce que vous avez planifié. Mes meilleures salutations à votre famille et à tous ceux qui travaillent main dans la main avec vous pour permettre à ma vie d'être organisée…
L'école est fermée pour un mois de vacances et ouvrira le 22 mai 2006. Encore une fois merci pour votre aide et je promets de l'utiliser de la meilleure façon.
Laissez-moi vous raconter l'histoire de ma vie et quelques autres informations me concernant, de sorte que vous puissiez savoir qui vous aidez…

En résumé, je peux dire que l'historie de ma vie ne commence nulle part et va "quelque part". Les gens avaient l'habitude de m'appeler "idiot, chokoraa (quelqu'un qui passe ses journées sur les tas d'ordures, un garçon des rues qui mange les restes), ou asticot. D'autres m'accusaient d'être le fruit d'une union hors mariage. Je traînais avec d'autres, j'avais un caractère dur, je volais, je fumais et je subissais les agressions homosexuelles d'autres grands gars des rues.

Ma mère est née entre 1954 et 1960 à Rombo, un des districts du Kilimanjaro, elle appartenait à une famille de paysans de Swai, et à cause des traditions de sa tribu, elle a dû épouser un homme de son clan. Malheureusement, elle est partie hors du contrôle de sa tribu et a commencé une nouvelle vie dans le même district comme fille de bar et prostituée. J'ai très peur de parler de ces aspects de ma mère, mais c'est ce que mes aînés m'ont dit.

En raison de son comportement et de sa vie aventureuse, elle a mis au monde 11 enfants (7 garçons et 4 filles), certains avec son propre père. 4 sont décédés avant ma naissance en 1984.

Je pense être né en 1984, mais c'est une date approximative car personne dans le clan de ma mère ne connaît la date exacte, ni où je suis né, ni qui était mon père. Ma mère s'est enfuie de Rombo pour le district de Same au sud du Kilimanjaro, où elle a vécu 4 ans, faisant le même travail. C'est là qu'elle m'a conçu et elle est retournée à Rombo après ma naissance. Rombo m'a considéré comme un déchet et a totalement déterminé la façon dont s'est passée mon enfance. Malgré tout, je recevais de ma mère tout ce qui était nourriture, habits et un endroit pour dormir, bien que ce ne soit pas notre maison. En 1989, ma mère a été tuée par son dernier compagnon "Meriananga". J'étais alors assez âgé pour comprendre pourquoi, mais la première cause a été qu'elle était frustée de savoir qui transportait les outils après que les champs étaient cultivés. Je me rappelle ce soir-là, ils sont arrivés très énervés, chacun accusant l'autre de désobéissance par rapport aux règles de la tribu. Ma sœur était là et cuisait des cassaves et des bananes qu'elle avait apportées de chez son père. Elle a essayé de les calmer mais c'était comme de mettre de l'essence sur le feu. Ce gars n'écoutait pas les femmes, c'était comme si chaque mot devait venir de lui. Toutefois, ma mère avait aussi mauvais caractère que lui, au lieu de le calmer elle le provoquait et lui rappelait d'autres conflits qu'ils avaient déjà eus. Meriananga a alors promis de la tuer. Comme mes aînés avaient confiance dans la force de ma mère face aux hommes, ils n'ont pas pensé que durant cette nuit-là Meriananga allait tenir sa promesse. Il a été arrêté le lendemain et a passé seulement 7 ans en prison, au lieu de la perpétuité, car il avait tué une prostituée.

L'exécution de ma mère a marqué le début de ma souffrance, la maison de Meriananga où nous étions a été prise par ses frères, alors que je ne les avais jamais vus avant, le fils de Meriananga, “Gasper” (mon petit frère) a été pris et mis sous la protection de son beau-père.

Et d'autres enfants sont retournés chez leurs pères. Je suis le seul à avoir apporté des problèmes dans la répartition des enfants. Un des hommes de la famille Bilas, qui avait pris en charge la succession, et qui était très ambitieux, a écouté toutes les plaintes des gens qui ont dit: "si ce gosse n'a personne pour s'occuper de lui, pourquoi nous devons nous faire du souci pour lui? Laissons-le aller en enfer et…".
C'était un moment de grande tristesse, j'ai commencé à pleurer car je n'avais nulle part où aller. Cet homme Bilas m'a pris dans sa maison comme domestique. Je suis resté là-bas jusqu'en 1994, sans pouvoir aller à l'école, mais j'admirais beaucoup ses enfants qui allaient à l'école. Ils étaient tous mes amis, mais aucun d'eux ne savait combien je souffrais quand je les entendais se vanter de ce qu'ils allaient dans leurs vies, être docteurs, professeurs, et d'autres avoir du travail tout de suite. Cette famille ne m'a donné aucune éducation. Mes frères sont venus de Dar es Salaam portant des vêtements très chers et apportant quelques cadeaux à leurs familles. Cela m'a beaucoup impressionné et donné du courage pour partir pour la ville. A partir de ce moment-là, j'ai commencé à penser à aller vers des grandes villes. Je pensais que dans une grande ville il y a plein d'opportunités pour trouver du travail et avoir une vie plus confortable.

Les choses ont mal tourné quand je suis allé à Moshi en 1994. Pas de travail, pas de services sociaux pour les enfants des rues et harcèlement général vis-à-vis des enfants des rues. Les grands faisaient du mal aux petits, les volaient, les violaient et la foule dans la ville leur créait des problèmes.
La vie était très dure jusqu'en 1995, quand une mère fanatique pleine de riches ambitions est venue pour récolter des fonds pour aider les enfants des rues qui étaient dans un dénuement total. Malheureusement, ce n'était qu'un prétexte, elle voulait juste récolter des fonds pour son propre bénéfice. Elle nous a amené dans sa maison et nous étions chargés de garder son troupeau, et s'il y avait un inspecteur de la pauvreté en Afrique (une des institutions luttant contre la pauvreté à Moshi) envoyé pour inspecter le centre, elle nous habillait avec des uniformes scolaires pour le convaincre que tout allait bien (le centre s'appelait POA et la responsable s'appelait Mama Renju).

En 1996, Kat Macalpine est venue pour un séjour en Tanzanie. Quand elle a vu la vie des enfants des rues, elle a décidé de s'engager et d'aider autant qu'elle pouvait. Elle a rejoint mama Renju pensant qu'elles avaient les mêmes idées, mais elle a réalisé que ce n'était pas du tout le cas. Cela les a séparées et cela a été la fin du Centre POA. Je suis allé dans un autre centre "Kishari", mais n'ai pas été envoyé à l'école.

En 1997, Mama Kate a créé Mkombozi avec des fonds donnés par ses amis et son père, le centre a commencé à grandir et quelques donations ont été données par des institutions luttant contre la pauvreté.
Un des travailleurs, le "professeur" Lucas Shayo a payé des études pour moi. Je le respecte en tant qu'une des personnes qui a donné une impulsion à ma vie. Dans la même année, j'ai été envoyé à l'école avec les élèves de 5e année, je n'avais jamais été dans une autre classe. J'ai essayé tout ce que j'ai pu pour améliorer ma position dans la classe et je suis sorti un des meilleurs élèves de la 7e année en 2000. Je suis allé dans une école secondaire payée par le centre Mkombozi jusqu'en 2004 et j'ai aussi réussi mes examens.

Mais comme vous l'avez vu, j'ai eu beaucoup de chagrins et tristesse qui m'ont rendu rigide et fragile dans les prises de décisions. Mes ambitions reflètent généralement ce par quoi j'ai passé et elles ne seront pas hors contrôle si je suis soutenu.

Mon plan d'avenir est de continuer avec les études universitaires et d'acquérir un master en Relations Internationales ou en Développement des Affaires commerciales Internationales.

Mama, je suis désolé pour le long texte concernant l'histoire de ma vie et mes futurs plans. Mais comme vous l'avez vu, c'est un plan très coûteux et quelqu'un qui investirait dedans doit vraiment aimer les enfants africains. Merci encore une fois pour ce que vous m'avez donné pour ma vie et je vous encourage à continuer car je ne vous laisserai pas tomber.

Voici ce qui affecte ma vie actuellement. Je vis encore dans le centre Mkombozi qui est théoriquement prévu pour de jeunes enfants. J'ai grandi là-bas, mais j'ai besoin de temps pour apprendre à vivre seul et à gérer ma vie et mes dépenses, comme un endroit pour dormir, la nourriture, les frais de transport, l'électricité et l'eau, en gagnant de l'argent par moi-même. Cela réduira ma dépendance par rapport aux donateurs pour tous ces frais et je pourrai aller à l'université. Mais pour tout cela il faut que je puisse avoir un certain capital pour démarrer un commerce.

Mkombozi a un agent informatique qui vend des ordinateurs au prix très raisonnable de 195'000 shs (195.- USD). Si je peux être sponsorisé et acheter 15 ordinateurs, je pourrais ouvrir un internet café à Moshi et gagner un peu d'argent. Mais les coûts généraux pour ouvrir un de ces commerces peuvent être de 5'000 USD, ce qui est une somme très importante.

Merci beaucoup, je vous donne l'autorisation de publier tout ce qui me concerne dans votre magazine et je vous aiderai si nécessaire.

Wilson"

 

Il y a encore tant d’autres jeunes qui ont besoin d’aide.

Si vous aussi souhaitez leur appoter votre soutien, contactez-nous.

 

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Enfants de Tanzanie, ONG humanitaire engagée dans l’aide à l’éducation pour des enfants défavorisés.

Dernière mise à jour le: 06.01.2009 - Copyrights ©: Enfants de Tanzanie / Adapta-Web.